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Comment interpréter mes rêves ?

Comment analyser mes rêves ?

Rêve – Depuis toujours, l’être humain porte une grande attention à un phénomène qui occupe une vaste partie de notre vie et plus précisément de nos nuits : le rêve. mais comment faire pour l’analyser ?

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Comment analyser et interpréter mes rêves ?

Cet article a été écrit dans le but d’informer au sujet du rêve. Découvrez entre autres l’analyse détaillée d’un rêve présenté dans une étude de cas clinique.

L’utilité du rêve à travers les âges

Depuis toujours, l’être humain porte une grande attention à un phénomène qui occupe une vaste partie de notre vie et plus précisément de nos nuits : le rêve. En effet, nous lui consacrons en moyenne cinq années de notre existence.

Les opinions quant à son utilité ont largement varié à travers les âges. Les Anciens, par exemple, pensaient que les rêves étaient des lettres envoyées par les dieux. Par la suite, les Grecs croyaient qu’il y avait deux types de rêves : ceux qui annonçaient « l’avenir véridique » et qui servaient à nous mettre en garde, et ceux qui étaient susceptibles de nous troubler et de nous mener à notre propre perte.

Aujourd’hui, bien que nous vivions dans une ère où la plupart des phénomènes possèdent leur explication, le rêve reste toujours un domaine peu connu car très vaste et complexe.

Lien entre rêve et personnalité

Nous allons essentiellement nous pencher sur les liens entre les rêves et la personnalité. En effet, nous voulons savoir si, dans le cas où chaque rêve serait unique, comme cela paraît probable, la personnalité se reflète dans le rêve. Pour ce faire, nous allons prendre en compte trois approches du sujet.

La première étant uniquement théorique, elle se base sur des explications du fonctionnement du rêve, ainsi que sur la présentation des deux maîtres de la psychanalyse, que sont Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, et sur leurs idées principales par rapport à ce sujet, qui divergent les unes des autres, comme nous pourrons le constater. La deuxième partie de ce travail est plutôt pratique et se compose notamment d’une étude de cas. Enfin, la troisième partie est l’analyse d’un rêve en détail.

“Sur le rêve” de Freud

Une explication relative à l’aspect matérialiste du rêve peut paraître intéressante, étant donné que nous traiterons par la suite de son aspect psychique à travers les célèbres psychanalystes Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, qui, bien entendu, dépassent ce type de description. D’ailleurs, dans son œuvre « Sur le rêve », Freud affirme « qu’il est inexact de considérer celui-ci (le rêve) comme un processus purement corporel, sans importance psychique, né de l’activité isolée de certains groupes de cellules cérébrales tirées du sommeil ». Freud espérait cependant que certaines de ses théories seraient un jour approuvées par la connaissance de l’aspect matérialiste du rêve.

Les cycles du sommeil

Il semble important de préciser que le sommeil fait partie intégrante de notre vie ; en effet, il est nécessaire à notre santé physique et psychologique. Il se déroule en plusieurs phases constituant un cycle, d’une durée variant entre une heure trente et deux heures, qui se répète quatre à six fois par nuit. Un cycle est composé de cinq phases.

La première peut durer entre dix secondes et dix minutes. Elle est un état de transition entre l’éveil et l’endormissement, durant lequel nos muscles sont détendus, les yeux roulent lentement, les images sont précises, et des ondes alpha sont générées par notre cerveau. Celles-ci sont plus lentes que les ondes bêta produites pendant l’éveil.

Le sommeil léger

Le second stade est caractérisé par un sommeil peu agité et léger ponctué d’images hypnagogiques, qui sont des images qui nous mènent à un sommeil profond.

Au cours du troisième stade le cerveau génère des ondes delta lentes et de grande amplitude. Il s’agit du stade le plus calme qui ne nous ôte pas la conscience de notre environnement, car le corps est sensible aux bruits, aux odeurs et aux mouvements autour de lui.

Le sommeil profond et paradoxal

Vient ensuite la quatrième phase, période la plus profonde de notre sommeil au cours de laquelle un réveil serait pénible. La respiration est irrégulière et les battements de cœur sont rapides. Il peut y avoir de l’énurésie et des crises de somnambulisme durant cette phase.

Nous arrivons finalement au cinquième et ultime stade : le fameux sommeil paradoxal, caractérisé par l’apparition du rêve. Durant celui-ci, l’activité cérébrale est comparable à celle de l’éveil, excepté le fait que le corps du dormeur est paralysé, aveugle et sourd. Les globes oculaires sont affectés par un mouvement rapide, puisqu’ils suivent l’action produite dans notre écran interne. Le sommeil paradoxal peut durer de quinze à vingt minutes, il occupe donc 20% d’un cycle.

Les ondes cérébrales

A noter : Les ondes cérébrales : C’est une activité électrique dont la fréquence est mesurée en Herz. Nous les produisons en étant conscient ou non et elles sont différentes lorsque nous sommes en état de rêve ou de sommeil.

  • Les ondes bêta sont les plus rapides.
  • Les ondes alpha sont plus lentes mais régulières et elles ont une petite amplitude.
  • Les ondes thêta sont encore plus lentes
  • Les ondes delta sont les plus lentes

La personnalité

Dans le cadre de cet article, nous concevons la notion de personnalité au travers de deux systèmes : le caractère et le vécu. Autrement dit : l’inné et l’acquis.

Le premier est la manière habituelle dont chacun réagit ; il est formé d’un ensemble fluide de qualités et de défauts, tels que la jalousie, la timidité, l’honnêteté et la générosité. Le deuxième n’est pas prospectif et rassemble le temps écoulé depuis notre naissance, voire plus loin selon les croyances, jusqu’à aujourd’hui compris et en porte les marques ainsi que la façon dont nous l’avons vécu. Il comprend aussi bien l’aspect social que personnel.

Le caractère et le vécu forment un tout indissociable : nous même. Comme nous le verrons plus loin, dans la deuxième partie de notre article, la personnalité est propre à chacun, et c’est pourquoi nous sommes uniques.

Les deux maîtres de la psychanalyse

Afin de pouvoir approfondir notre étude quant à un lien entre la personnalité et le rêve, il nous paraît indispensable de connaître les deux grands psychanalystes que sont Sigmund Freud et Carl Gustav Jung. Leurs connaissances et théories du point de vue psychique du rêve nous permettent d’avoir deux avis divergents mais tout aussi pertinents sur la question.

Sigmund Freud (1856-1939)

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Sigmund Freud est né dans une petite ville de l’ancienne Tchécoslovaquie. Il est issu d’une famille de religion juive. En 1873, il entre à l’université de Vienne afin d’entreprendre des études de médecine. En 1876 il entre au laboratoire de Ernst Wilhelm Brücke où il entame une carrière en anatomo-physiologie du système nerveux.

Ayant obtenu une bourse, Freud se voit offrir la possibilité de partir à Paris en 1885 pour faire un stage auprès du neurologue Jean Charcot, dont-il a plus d’une fois entendu parler. Il en tire un grand enseignement. Il retourne par la suite vivre à Vienne et se consacre, pendant dix ans, au traitement des malades, et crée jour après jour la psychanalyse.

Entre 1887 et 1902 il travaille à élucider les mécanismes du refoulement et la formation des symptômes ; il découvre le complexe d’Œdipe et rédige L’interprétation des rêves en 1900, qui présente tous les éléments essentiels de la théorie freudienne.

 

Le complexe d’œdipe

Il s’agit d’un lien érotique imaginaire créé par l’enfant avec son parent du sexe opposé. On l’appelle ainsi à cause d’une légende de la mythologie grecque. Celle-ci met en scène le meurtre de Laïos par son fils, Œdipe, ainsi que le mariage de ce dernier avec sa propre mère, Jocaste, la reine de Thèbes.

L’institut analytique

Une institution analytique qui regroupe les premiers disciples de Freud, tel que Carl Gustav Jung, est créée en 1902. Freud est, par la suite, amené à l’exil, en raison de l’arrivée des nazis. Il s’installe donc en 1938 en Angleterre où il continue de traiter de rares patients. En 1939, Freud demande à son médecin d’abréger ses souffrances, car il a développé un cancer à la mâchoire.

Les principales oeuvres de Freud

  • L’interprétation des rêves (1900)
  • Sur le rêve (1901)
  • Le Mot d’esprit dans ses rapports avec l’Inconscient (1905)
  • Totem et tabou (1912)
  • L’avenir d’une illusion (1927)
  • Malaise dans la civilisation (1930)

Le concept du rêve selon Freud

La thèse principale de Sigmund Freud quant au rêve est que la source de celui-ci est fondée sur plusieurs niveaux. En effet, les songes, comme dans les cités antiques que prisent les archéologues, comportent plusieurs strates. Nous retrouvons tout d’abord, légèrement déformés, des souvenirs d’épisodes survenus les jours précédents, tels que des paysages que nous avons traversés ou des bribes de conversations que nous avons entendues. Viennent ensuite des couches de plus en plus anciennes qui vont puiser leur inspiration dans les profondeurs de notre inconscient. Celles-là contiennent nos vieux fantasmes incestueux, nos envies de meurtre à l’égard de nos frères et sœurs pour enfin se retrouver l’unique enfant de nos parents chéris ainsi que de nos amours œdipiennes.

La plupart des rêves cachent des pulsions

Freud est considéré en ce début de 20ème siècle comme un révolutionnaire. Il est par ailleurs très contesté, surtout lorsqu’il explique que la plupart des rêves, même les plus anodins, cachent des pulsions érotiques réprimées et inavouables. Par exemple, une jeune malade rêve qu’elle essaie de placer une bougie sur un chandelier, sans succès car celle-ci refuse de se tenir droite. Pour le célèbre psychanalyste, la clef du songe est évidente : la bougie vacillante est un sexe masculin qui peine à s’ériger. Naturellement, dans le même ordre d’esprit, le chandelier représente le vagin de la patiente. Le désir caché serait donc celui de vouloir châtrer l’homme.

Le conscient et l’inconscient

Pour Freud, le rêve a essentiellement une fonction protectrice vis-à-vis de notre sommeil, autrement dit, dès que la conscience saisit l’une de nos idées coupables véhiculées par un rêve, elle se réveille.

Il voit en chacun de nous deux systèmes : le conscient, qui permet l’apprentissage et le jugement et qui prend en compte la réalité et le préconscient, et l’inconscient, contenant tout ce à quoi le conscient n’a pas accès lorsque notre cerveau n’est pas en train de rêver.

Le code secret des songes

Freud pensait que les rêves, tout comme des espions, emploient un code secret pour s’exprimer. Par exemple, une promenade au bord de la mer est une manière de dire que l’on aimerait avoir des relations plus intimes avec sa mère, rêver que l’on explore un puits signifie que les femmes nous terrorisent, et voir en songe que l’on branche une prise électrique veut dire que l’on associe une prise mâle avec une prise femelle et donc que l’on s’imagine un rapport sexuel.

L’ombilic du rêve

Le psychanalyste ne sait pourtant que trop bien qu’il y a une certaine partie du rêve qui reste ininterprétable et qui s’appelle « l’ombilic du rêve », sorte de reste qui nous rappelle que les mots ne peuvent pas tout dire…

Ce qui s’interprète n’a en revanche de sens que pour son rêveur car il est le seul à connaître sa propre histoire. Un même rêve, selon Freud, prendra deux sens différents chez deux individus bien distincts, du fait que la personnalité et le vécu ne sont identiques chez personne.

L’interprétation en elle-même apparaît pour lui comme « la voie royale de la connaissance de l’inconscient, la base la plus sûre de toutes les recherches. »

Les 4 procédés

Enfin, Sigmund Freud voit quatre procédés existants dans le travail accompli par le rêve :

  1. Tout d’abord, il y a la condensation. A travers ce procédé un personnage du songe condense en lui plusieurs autres êtres ayant un trait commun.
  2. Puis vient le déplacement, qui est le remplacement d’une situation conflictuelle par une autre, moins chargée en émotions.
  3. Ensuite, on trouve la représentation par le contraire, qui est possible la plupart du temps, vu que le rêve se soucie peu de la logique. Par exemple, un rêve érotique va m’angoisser, même si théoriquement il devrait être agréable.
  4. Enfin, à travers le quatrième procédé qui s’intitule l’élaboration secondaire, le conscient entre en action puisqu’il perçoit le rêve et s’adonne, après coup, à le rendre cohérent. Pour ce faire, il atténue les illogismes et comble les lacunes afin que le rêve paraisse quelque peu moins absurde.

Trop d’importance donné au vécu

Sigmund Freud établissait bel et bien des liens entre les songes de ses patients et leur personnalité. Notons toutefois que cette notion de lien était apparemment, selon lui, tout de même limitée. En effet, nous pensons que Freud ne prenait pas en compte le terme de personnalité dans sa totalité ; il n’accordait de l’importance qu’au vécu de ses patients, délaissant délibérément leur caractère inné. N’oublions pas de préciser que le vécu, dans la conception personnelle du célèbre psychanalyste, était essentiellement constitué du passé à mettre en relation avec la sexualité, mettant de côté presque tout le reste. Il est vrai que, comme nous l’avons déjà dit auparavant, Freud voyait la racine des rêves comme provenant principalement des désirs sexuels infantiles refoulés.

Carl Gustav Jung (1875-1961)

Carl Gustav Jung est né le 26 juillet 1875 à Kesswill, dans le canton de Thurgovie, en Suisse. Il est issu d’une famille protestante et plutôt pratiquante, son père étant pasteur. Le fait que sa famille soit libérale et très intellectuelle a sans doute eu de l’influence sur la suite de sa vie. En effet, d’abord étudiant au collège de Bâle, où il se passionne pour l’histoire et la mythologie, il poursuit ses études en faculté de médecine, où il s’oriente vers la psychanalyse.

En 1900, il devient assistant à l’hôpital psychiatrique de Zurich. Présenté en 1897 à Sigmund Freud, le maître de la psychanalyse, il est rapidement considéré par celui-ci comme son successeur. Or, des différends opposent bientôt les deux hommes, par exemple le fait que Jung n’accepte pas l’interprétation sexuelle des rêves, alors que Freud en fait son explication première.

La rupture Freud/Jung

La rupture définitive de leur amitié a lieu en 1912. Jung entreprend par la suite de multiples voyages ethnographiques au Kenya et en Inde. En 1921, il expose dans « Les types psychologiques » un inconscient défini par les pensées, les sensations, l’intuition, les sentiments, et divisé entre extraversion et introversion.

En 1948, Jung crée un institut sur l’analyse jungienne, à Zurich, qui porte son nom. Peu de temps avant sa mort, en 1961, il fait un rêve qui le pousse à faire part de ses recherches : c’est pourquoi il écrit « Essai d’exploration de l’inconscient ».

Les principales œuvres de Jung

  • Métamorphoses et symboles de la libido (1912)
  • Les types psychologiques (1920)
  • Psychologie et religion (1939)
  • L’homme à la découverte de son âme (1943)
  • Essai d’exploration de l’inconscient (1961)
  • Ma vie (souvenirs, rêves et pensées (1961)
  • L’homme et ses symboles (1964, terminé par Marie-louise von Franz)

Le rêve selon Jung

Carl Gustav Jung insiste sur la nécessité d’adopter une attitude ouverte et descriptive vis-à-vis du rêve. En effet, il ne faut nullement établir à l’avance le sens de celui-ci. Cependant, il voit en l’inconscient un côté personnel, mais aussi collectif, ce qui n’apparaît pas dans la conception freudienne. Jung établit un lien entre le rêve et le rêveur en cherchant la provenance des images oniriques grâce aux souvenirs de la personne en question, mais il reste, souvent, certaines images qui sont inexplicables à partir de l’expérience personnelle du patient.

L’inconscient collectif

C’est alors l’inconscient collectif, constitué d’archétypes et de symboles, qui intervient. Celui-ci est collectif car il utilise des images qui proviennent de traditions culturelles, mythes ou autres, qui sont communs à chaque individu.

D’ailleurs, lors d’une émission télévisée de la BBC, il affirme la chose suivante : « Voyez-vous, nous dépendons en grande partie de notre histoire. Nous sommes façonnés par notre éducation, l’influence de nos parents qui n’est, en aucun cas, toujours personnelle. Soit ils avaient des préjugés, soit ils étaient influencés par des idées historiques ou par ce qu’on appelle des dominantes (archétypes) qui constituent l’un des facteurs les plus décisifs de la psychologie. Nous ne sommes pas d’aujourd’hui ni d’hier ; nous sommes d’un age immense. » Ce n’est qu’une fois le contexte de chaque image éclairci qu’il devient envisageable d’analyser le songe.

L’inconscient est antérieur à la conscience

En outre, le rêve révèle le contenu de notre inconscient, non seulement individuel mais aussi collectif, comme dit précédemment, qui puise ses sources dans les temps primitifs. En effet, Jung pense que l’inconscient est antérieur à la conscience, qui va le submerger sans pour autant le détruire.

De plus, il voit en celui-ci un monde extraordinaire, formant une part aussi importante que celui de la conscience, qu’il définit comme plus pauvre et moins vaste que l’inconscient.

La fonction du rêve selon Jung

Quant à la fonction du rêve, le psychanalyste en dégage trois rôles principaux.

  • Le premier est celui de compensation et sert à rectifier une situation. Dans notre société actuelle où règne l’objectivité, l’homme tente de contrôler ses émotions : le rêve compense ici la situation et rétablit notre équilibre psychique en faisant place aux éléments primitifs de notre mental. Il peut bien sur y avoir des compensations psychiques lointaines, comme dans la réalisation d’un désir infantile refoulé. Le rôle de compensation peut également mettre en valeur, pendant le sommeil, nos idées refoulées par notre esprit conscient au cours de la journée. Cela a pour but de révéler le contenu de notre inconscient ainsi que de contrebalancer l’activité diurne et les lacunes de celle-ci.

La prospection et l’actualisation de nos désirs

  • Le deuxième de ces rôles est appelé « prospection » et est, plus précisément, une anticipation de notre inconscient à un événement faisant référence à notre activité éveillée. Il s’agit en fait d’une ébauche de la future activité perturbante. Cette fonction pourrait entrer en jeu lorsqu’une personne est victime de conflits psychiques plus ou moins importants et que son comportement ne paraît pas adapté. Il arrive que la clef du problème se trouve au cœur du rêve.
  • Enfin, le troisième et ultime rôle du rêve, toujours selon Jung, est celui qui actualise nos désirs sexuels infantiles refoulés. Il ne le considère qu’en tant que l’une des composantes du rêve alors que Sigmund Freud en fait sa théorie première.

Le rêveur attribue un sens à son rêve

Pour Jung, le rêve proprement dit n’est jamais dépourvu de sens, il a par ailleurs sa propre langue : celle des symboles. Cependant, il les considère avec relativité et en fonction de la situation donnée car il est parfois préférable que le rêveur attribue aux symboles un sens plus personnel. Il préfère, d’ailleurs, que l’un d’entre eux soit totalement incompréhensible plutôt que de lui attribuer une signification universelle et fixe. Il convient d’en rechercher le sens en étant totalement conscient du vécu du patient. Il affirme également que le rêve possède deux pôles importants : le passé, qui contient notamment ces fameux désirs œdipiens refoulés et le devenir.

Le rêve est le témoin de la richesse psychique

Il ne faut pas oublier de préciser que, pour Jung, le rêve est le témoin de la richesse interne du rêveur, aussi faudrait-il toujours consacrer énormément de temps à tout analyser. En effet, dans sa méthode d’interprétation, on retrouve deux types d’éléments contenus dans le rêve : ceux qui renvoient à des choses réelles et qui ont pour but de nous renseigner sur notre relation avec le monde extérieur, et ceux qui représentent l’une des multiples facettes de notre personnalité : une tendance, une ombre, un élément archétypique.

L’analyse jungienne des songes

A titre indicatif, l’analyse jungienne d’un rêve se fait de la manière suivante : tout d’abord il divise une page blanche en trois colonnes. Dans la première il inscrit le récit du rêve. Dans la seconde, qui est la plus vaste, il met en place le contexte grâce aux associations que le patient fait entre les images oniriques et sa vie réelle Enfin, dans la dernière colonne, il établit une liste d’hypothèses d’interprétation en tenant compte des liens entre les divers éléments.

Les répétitions

Nous avons dans un premier temps cherché à savoir si les rêves répétitifs pouvaient avoir un lien avec une expérience traumatique de notre vie, et nous avons appris que ceux-ci avaient probablement deux racines bien distinctes.

  • La première est celle des désirs. Ici, le rêve va se répéter sur une courte durée. Cette racine sert principalement à satisfaire nos désirs impossibles de la vie réelle. Par exemple, une personne au régime, corporellement frustrée, pourrait rêver d’une manière répétitive sur toute la durée de sa diète à un lion, symbole de la voracité. Toutefois, notons que l’expression de nos désirs peut se faire d’une manière déguisée. Par exemple, si l’on déteste une personne et que l’on est actuellement en conflit avec celle-ci, il se pourrait que l’on rêve de la mort de quelqu’un d’autre comme pour libérer notre sentiment de haine sans culpabiliser. Tout cela relève donc bien de la personnalité et plus particulièrement de notre vie actuelle ainsi que de notre façon de ressentir les choses.

Le trauma

  • La deuxième des racines des rêves à répétition est d’origine traumatique et est de loin la plus intéressante des deux. Ici, le rêve se répète dans son ensemble et ne se modifie que vers la fin de la guérison. En effet, le rêve agit dans ce cas comme une sorte de thérapie qui permet à l’esprit d’assimiler petit à petit le traumatisme subi. Le rêve est formé, comme son nom l’indique d’une expérience traumatisante, choquante et extrêmement marquante de notre vie. Nous parlons donc bien là d’un lien entre le rêve et le vécu passé du rêveur. Notons toutefois que la matière du rêve répétitif traumatique a plus pour origine la manière dont l’individu a vécu le choc que le fait en soi.

L’analyse du rêve nous aide à mieux nous connaître

La réponse est oui, bien entendu. Chacun de nous ne se connaît jamais entièrement, mais il est néanmoins délicat pour une personne d’en savoir plus quant à sa personnalité en auto analysant ses propres rêves car l’inconscient reste très complexe à décrypter, même pour un spécialiste. Il serait évidemment plus approprié d’interpréter ses rêves dans le cadre d’une psychothérapie pour essayer de décrypter quelque peu notre inconscient dans le but de mieux nous connaître.

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“Un rêve sans étoiles est un rêve oublié.”

Paul Eluard

Les symboles universels

Il semblait, par la suite, intéressant d’éclaircir un point au sujet des liens possibles entre les symboles, qui seraient universels et donc identiques pour tous, et notre personnalité. En effet, n’avons-nous pas appris, avec Jung, qu’il n’est pas toujours judicieux d’attribuer un sens universel aux symboles ?

Les symboles fixes qui nous viennent de traditions culturelles d’interprétation existent bel et bien. Une voiture pourrait représenter, par exemple, la force ou la puissance. Une maison serait susceptible d’évoquer le confort, la protection ou le bonheur que nous apporte une mère. Cependant, ces symboles culturellement partagés sont à traiter, pour chacun de nous, à notre manière pour essayer d’en tirer une signification plus personnelle.

Les rêves sont bel et bien le reflet de notre personnalité, même s’il n’y a pas de causalité linéaire. Il y aurait donc un travail très complexe à accomplir avant de parvenir à démasquer la véritable signification d’un rêve.

Étude de cas cliniques

Dans la première partie de l’étude, qui concerne uniquement la personnalité telle que nous l’avons expliquée antérieurement, nous avons interrogé les personnes choisies, en espérant qu’elles fassent preuve de sincérité sur leur caractère ainsi que sur leur vécu. Quant à la deuxième partie, elle porte sur les rêves personnels et révèle l’attitude des personnes en question dans ceux-ci ainsi que leur façon de les vivre. L’étude de cas porte sur une quinzaine de patients.

Analyse des cas

Traitons tout d’abord du lien qui nous a semblé le plus important, à savoir celui entre la personnalité et les cauchemars. Nous avons constaté que le vécu influait bien plus sur les cauchemars que les traits de caractères susmentionnés. En effet, les exemples quant à un rapport éventuel entre ceux-ci et les mauvais rêves étaient bien trop différents pour affirmer qu’il existe un véritable lien. En revanche, les exemples en ce qui concerne le vécu sont abondants ; six personnes sur huit possédant un vécu traumatique nous avouent effectuer régulièrement de mauvais rêves. Par exemple, une employée de banque âgée de 40 ans, ayant mené une enfance mal entourée avec un père alcoolique et une mère malade, puis tout au long de sa vie, subi des traumatismes majeurs, nous a révélé qu’elle faisait bien souvent des rêves dramatiques et très dérangés. Donnons toutefois un contre exemple : celui d’une étudiante de dix-huit ans, dont le passé est rempli de traumatismes et de complexes tournant à l’obsession, qui nous affirme cauchemarder rarement – probablement en lien avec la longue psychothérapie effectuée.

Les rêves d’impuissance

Parlons à présent d’un sujet étroitement lié au cauchemar du fait qu’il s’agit d’un sentiment désagréable parfois ressenti dans nos rêves : une impression d’impuissance face à certaines situations. Nous avons constaté que neuf individus sur quinze se sentent fréquemment victimes dans leurs songes. Évoquons le cas d’un jeune étudiant se décrivant comme quelqu’un de timide, introverti, peu sociable et plutôt passif, avouant se sentir régulièrement impuissant dans ses rêves, malgré le fait qu’il semble adopter un comportement plus spontané et extraverti dans ceux-ci que dans la vie courante. Quant aux cinq autres individus en question, nous avons remarqué qu’ils possèdent un vécu compliqué. Mentionnons l’exemple d’une jeune fille fortement complexée et portant les séquelles d’une enfance malheureuse, qui se sent souvent victime dans ses songes. Cependant, nous avons constaté que certaines personnes mal dans leur peau à cause des moqueries continuellement subies, ne se sentaient jamais victimes dans leurs rêves, comme si ceux-ci représentaient « une sorte d’échappatoire de leur vie courante », comme nous l’a témoigné une jeune femme âgée de 19 ans. Cette dernière situation illustrerait bien le cas d’un rêve compensatoire.

Le rêve d’infériorité

Nous tenons également à attirer l’attention sur le cas très intéressant d’un jeune homme de vingt ans. Celui-ci, bien qu’extrêmement sûr de lui, extraverti et sociable, a dévoilé, au travers de ses réponses, qu’il était poursuivi dans la grande majorité de ses songes. Cela pourrait être la marque de son léger complexe de prononciation durant son enfance. Il nous a décrit l’un de ses très nombreux rêves dans lesquels il se sent victime : après s’être jeté du haut d’une montagne, il s’est mis à voler avec un sentiment de bien-être incroyable, puis, il a atterri. C’est à ce moment-là que quelqu’un a commencé à le poursuivre mais il ne parvenait pas à s’enfuir, l’air le retenant. Ce genre de rêves où l’on est victime en essayant d’échapper à son sort, mais toujours sans y parvenir, s’appelle « rêve d’infériorité ». Ces rêves d’infériorité traduisent le sentiment d’impuissance et de faiblesse que ressent l’individu éveillé.

La nudité

reve-psy-analyse-geneve-rive-psychologueNous allons maintenant traiter d’un sujet bien distinct, qui est fortement présent dans nos songes : la nudité.  Précisons que les rêves de nudité sont très explicites quant à la personnalité. En effet, le rêveur éprouve la sensation que chacun le « perce à jour ». Il est mal à l’aise car il ne peut plus cacher aux autres ce qu’il est réellement. Autrement dit, le rêveur n’a pas vraiment confiance en lui.

Nous avons été extrêmement surpris car seulement deux personnes nous ont avoué s’être déjà retrouvées nues en public dans leurs rêves, et cette situation les embarrassait. Quoiqu’il en soit, les autres personnes sondées nous ont affirmé que cela ne leur était jamais arrivé, qu’elles soient pudiques ou non. A noter : des parties du corps dénudées comme p.ex. les pieds pourrait également avoir le même sens que la nudité totale.

La sexualité

Enchaînons sur un sujet qui va de pair avec la nudité et qui entre dans notre activité onirique : la sexualité. Nous pouvons constater au travers de ce sondage que la plupart des gens qui disent ne jamais avoir eu de relations amoureuses sérieuses ainsi que des relations sexuelles rêvent peu, voire pas de sexualité. Nous pensons donc que le vécu pourrait avoir plus d’influence que le caractère en ce qui concerne nos songes de type sexuel.

Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de rêves nous apparaissent sous forme déguisée et que nous faisons par conséquent bien plus rêves sexuels que l’on ne l’imagine. Prenons au hasard un songe dans lequel apparaît un serpent. Ce reptile, qui peut nous paraître repoussant, ou au contraire, fascinant, symbolise dans de nombreux cas le phallus. Donc le rêveur, sans s’en rendre compte, fait effectivement un rêve à connotation sexuelle.

Le rêve de compensation

En revanche, ce qui nous a le plus frappé est le fait que les individus qui prétendent avoir des relations amoureuses et sexuelles compliquées et tendues rêvent de sexualité très tendre ; cela pourrait s’expliquer par la théorie du rêve de compensation. Prenons l’exemple d’une jeune femme, décrivant ses relations comme brèves et décevantes, qui nous a raconté un rêve effectué régulièrement : elle est au bord d’un lac paisible en compagnie de son fiancé. L’ambiance est romantique et les étreintes sont tendres. Nous pensons donc que son rêve reflète le manque qu’elle ressent dans sa vie consciente. En outre, notons que cette catégorie d’individus reste celle, parmi les trois mentionnées, qui rêvent le plus fréquemment de sexualité.

Avons-nous le même comportement dans nos rêves que dans la vie ?

A cela, nous avons constaté qu’une grande partie des personnes sondées qui révèlent être confiantes, sûres d’elles et parfois extraverties, prétendent adopter le même comportement en rêve que celui qui leur est propre dans la vie quotidienne éveillée. D’un autre côté nous avons trois individus sur quatre, au tempérament effacé qui se sentent au cours de leurs songes « plus ouverts, confiants, moins timides et parfois supérieurs aux autres » comme nous le révèle un étudiant quelque peu méprisé par ses camarades.

Nous pouvons donc constater que ce type de patient a la possibilité de s’épanouir et de s’imposer au cours de la nuit, ce qui peut créer un certain équilibre psychique. Il s’agit à nouveau d’une fonction compensatoire et peut-être même prospectrice, car leurs songes aident ces personnes, en leur apportant une sensation de puissance éphémère et en les valorisant, à se préparer à la routine de leur quotidien.

La place des proches

Traitons finalement d’un sujet très important : celui de la place occupée dans le rêve par les proches des personnes de notre étude de cas. Ici, nous avons distingué trois catégories de rêveurs.

Tout d’abord, la catégorie qui nous a le plus frappés est celle qui regroupe les individus avouant rêver très peu de leur entourage. Seules deux personnes appartiennent à ce groupe et toutes deux semblent très proches de leur famille et ont eu une enfance entourée. Elles disent également rêver de personnages inconnus. Nous pensons qu’en réalité ces deux individus font des rêves où les éléments sont condensés. En effet, il semblerait qu’ils rêvent bel et bien de leurs proches mais ont l’impression de se trouver face à des inconnus car plusieurs personnes sont regroupées en une.

Ceux qui rêvent beaucoup de leur entourage

La deuxième catégorie est composée de ceux qui rêvent énormément de leur entourage et qui sont sociables, bien dans leur peau et très proches de leur famille. Ce groupe, qui est le plus représenté est composé de huit individus. Nous pensons que ceux-ci rêvent de leur entourage, non pas en tant que conflit, comme nous le verrons plus tard, mais, tout simplement, en tant que réalité ; c’est-à-dire qu’ils intègrent leurs proches à leurs rêves comme ils les intègrent dans leur vie consciente. Rien ne vaut mieux qu’un exemple pour illustrer cela : une secrétaire de quarante-cinq ans, sensible, généreuse et surtout maternelle avec ses trois enfants, rêve pratiquement toutes les nuits de son entourage et principalement de sa famille. Elle n’aime pas être seule et se voit toujours entourée dans ses songes par ceux qu’elle aime, comme c’est le cas dans la vie réelle. Elle est très protectrice et se préoccupe parfois même la journée pour un mauvais rêve qu’elle a fait à propos de sa mère ou de ses enfants.

Les songes où l’on se préoccupe de nos proches

La troisième et ultime catégorie est celle des individus qui songent beaucoup à leur entourage parce que celui-ci est une cause de préoccupation ; c’est-à-dire que leurs proches apparaissent dans leurs rêves parce qu’ils sont en conflit avec eux et que l’inconscient en est perturbé. Prenons l’exemple d’une étudiante qui ne vit qu’avec sa mère et qui en veut énormément à son père, qu’elle considère comme responsable de l’échec du mariage de ses parents. Elle rêve constamment de lui, comme si le songe était une thérapie nécessaire à son équilibre.

Seul le rêveur possède la clé

Après cette analyse, nous pouvons affirmer que, dans les cas précédents, l’acquis et l’inné jouent un rôle d’une importance variable dans notre activité onirique. Dans les différentes situations et problèmes que nous avons étudiés, nous avons remarqué que le vécu avait une tendance plus marquée à se dévoiler dans nos rêves, mais cela ne nous surprend pas étant donné qu’il peut avoir une certaine influence sur le caractère. Notons toutefois que les liens n’apparaissent pas toujours de manière évidente, et que nous nous sommes parfois efforcés de lire entre les lignes pour tirer une signification possible et cohérente. Précisons tout de même encore une fois que nos observations analytiques restent hypothétiques car seul le rêveur possède la clé de son propre songe.

Cas clinique : présentation du rêve de Charlotte

Nous allons à présent proposer une interprétation d’un rêve effectué par une patiente qui fut profondément affectée par celui-ci. Nous allons appeler notre patiente qui préfère rester anonyme « Charlotte ».

« Je devais, comme chaque mardi soir, retrouver mon petit ami, mais ce jour-là, il m’avait donné rendez-vous dans un endroit que je ne connais pas et j’en ignore la raison. Pour y parvenir, je devais traverser un tunnel. Je me déplace en scooter et la clarté est plutôt vive, j’avance, je n’en vois pas la fin. Le tunnel se resserre et s’assombrit de plus en plus. Pourtant, cela ne m’inquiète pas. Il devient finalement si étroit que mon véhicule ne peut plus passer, je continue alors ma route à pied.

Le tunnel me paraît maintenant un long et obscur couloir et je me sens un peu perdue. Enfin, je découvre une immense porte de bois, qui laisse entrevoir par les jointures et la serrure une lumière rassurante. La porte est très lourde et je dois user de toutes mes forces pour la tirer (…).

Je suis entraînée vers le fond

 (…) A ce moment précis, je commence à paniquer car je me retrouve devant un précipice au fond duquel serpente un petit ruisseau. J’aperçois alors un petit pont, suspendu par de fines cordelettes. Le vide m’angoisse et j’hésite à m’engager sur celui-ci, qui me paraît frêle. La peur au ventre, je décide pourtant de le traverser, après mûres réflexions.

Cependant, à mi-chemin, une planche se brise sous mes pas. Cela me fait perdre l’équilibre et je me sens entraînée vers le fond. J’ai envie de hurler, mais aucun son ne sort de ma bouche et tout mon corps est paralysé.

Subitement, une main solide attrape la mienne, celle de mon ami, qui me tire contre lui et me murmure des mots que je ne comprends pas, tellement je suis sous le choc. Finalement, rassurée, je pleure dans ses bras.

C’est ici que je me réveille… je suis dans mon lit et je sens des larmes couler le long de mon visage… »

Analyse

Nous proposons ici une analyse en décortiquant ce rêve plutôt qu’en le considérant comme un tout, en nous appuyant sur la signification de certains symboles, présents dans l’inconscient collectif. Attention encore une fois, seul le rêve possède la clé de son rêve, même si elle est parfois bien cachée dans les méandres de son inconscient.

  • Le tunnel est le premier élément qui nous a frappés dans ce rêve. Nous pouvons concevoir l’image du tunnel, qui semble infini, comme un problème qui s’éternise ; ou alors nous pouvons lui conférer une signification plutôt érotique qui rappelle le sexe féminin. Nous optons pour la deuxième solution car le tunnel se resserre, et cela nous laisse croire qu’un hypothétique conflit quant à ses relations intimes avec les hommes s’est établi en elle, d’autant plus qu’il y a une présence masculine dans le rêve.

Le scooter, la porte close

  • Le scooter : Le motocycle a attiré notre attention, car bien souvent dans les rêves, les véhicules motorisés traduisent une certaine liberté, une complète maîtrise de soi. Pour nous, le fait que Charlotte l’abandonne afin de continuer sa route pour retrouver son ami à tout prix, a une symbolique limpide : elle paraît prête à tout pour son ami, quitte à en sacrifier sa liberté !
  • La porte close : Quant à la porte fermée, elle nous donne bien souvent envie de l’ouvrir si l’on ne connaît pas ce qui se cache derrière. Il y a là une connotation possible d’aventure, de mystère et de curiosité. Ainsi, Charlotte use de ses forces, car elle est impatiente de découvrir où et quand elle va retrouver son ami ; elle persévère. En revanche, elle dit apercevoir une lumière, claire par opposition au tunnel qui s’est assombri, ce qui signifie par déduction qu’il n’y a pas de clef dans la serrure. Celle-ci, représentant le sexe féminin, est dépourvue de clef, objet phallique et symbole du pénis. Selon nous, l’obstination de Charlotte à ne pas faire marche arrière est le signe d’une quête à connotation sexuelle.

Le vide, le ruisseau

  • Le vide : Le précipice a également retenu notre attention, car il symbolise généralement l’inconscient et le néant d’avant la naissance. Souvent, la présence d’un pont au dessus de cet abîme est un signe de superficialité. Ce rêve démontre probablement une certaine peur de se remettre en question. La peur de tomber dans le gouffre pourrait être une invitation de l’inconscient à descendre plus profond en nous-même, afin de découvrir les racines de nos différents problèmes. Cela laisse à penser, dans le cas de Charlotte, qu’elle craint de remettre en question sa situation avec son ami.
  • Le ruisseau : Le ruisseau nous a également interpellés. Etant donné que l’eau d’un ruisseau est souple et enveloppante, elle symbolise l’inconscient. Ici, dans son rêve, le ruisseau n’a pas une grande importance, mis à part le fait que le pont enjambe cette eau. Est-ce donc un moyen de traverser son inconscient, une porte volontairement fermée, une évidence qu’elle refuse de voir ?

Le pont

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  • Le pont : Matériellement parlant, un pont relie deux endroits. Dans les rêves, il est le lien entre deux états d’âme. Le fait de le traverser signifie souvent l’établissement d’une alliance. Dans le contexte du rêve de Charlotte, le pont pourrait relier sa peur du vide et son entêtement à vouloir le traverser afin d’atteindre son but, malgré son vertige. Il ne faut cependant pas oublier que le pont est suspendu au-dessus du ruisseau, donc de son inconscient, et qu’il n’est retenu que par de fines cordes. Ainsi, notre patiente voudrait essayer d’établir un autre contact que celui qu’elle a déjà avec son ami, et que cette relation est momentanément fragile et parsemée d’embûches.

Le fil conducteur

En résumé, ce rêve se déroule selon un fil conducteur, qui serait celui de l’angoisse sexuelle. Cette angoisse transparaîtrait au travers, tout d’abord, du tunnel, dont nous venons de parler, puis également au travers de la luminosité.

En effet, la lumière est, au début, intense et vive, comme pour persuader le rêveur, en l’occurrence Charlotte, que tout va bien. Il s’agit là sûrement d’une représentation par le contraire. Puis, la luminosité diminue d’éclat, ce qui laisserait penser que la vraie nature de l’angoisse, à priori sexuelle du fait d’une présence masculine à l’intérieur du rêve, reprend le dessus.

Un déguisement de la réalité

Par rapport à cette présence masculine justement, elle serait, hypothétiquement toujours, comme un déguisement de la réalité. En effet, la quête du petit ami de Charlotte pourrait tout à fait symboliser un conflit avec son père.

En clair, il se pourrait donc que le rêve de Charlotte soit l’expression de son éventuel complexe d’Œdipe, donc d’un désir incestueux refoulé, tout comme il se pourrait que la signification de ce songe soit moins complexe et qu’elle traduise simplement un conflit entre Charlotte et son petit ami.

En conclusion …

Les rêves reflètent-ils notre personnalité ? A notre avis, c’est effectivement le cas, bien qu’il nous faille quelque peu nuancer l’affirmation.

Au début de nos recherches, nous avons appris que, pour Freud, le vécu infantile à connotation sexuelle est le plus important et que, pour Jung, les archétypes jouent un rôle prépondérant dans l’interprétation du rêve. Toutefois, tous deux semblent d’accord sur le fait que les rêves doivent être mis en relation avec le rêveur, et que celui-ci est le seul à pouvoir donner une signification personnelle et cohérente à ses songes, du fait qu’il est aussi le seul à connaître parfaitement son vécu. Quant à la notion de caractère, elle apparaît peu dans les théories de ces deux grands maîtres de la psychanalyse.

Les rêves dévoilent

Néanmoins, les rêves sont bien trop compliqués pour que l’on puisse faire des associations directes avec notre personnalité, du fait qu’ils apparaissent fréquemment de manière déguisée. Cependant, il y a bel et bien un lien, souvent complexe et masqué, entre ceux-ci. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l’inconscient, qui se révèle au travers des rêves, est quelque peu traduit ou modifié pour que les songes nous apparaissent plus cohérents et, de ce fait, la personnalité du rêveur qui se dégage au cours de la nuit, se dévoile indirectement et non telle qu’elle apparaît dans la vie consciente. Le terme « se refléter » n’est pas tout à fait approprié car le reflet d’une image est une copie conforme de celle-ci ; le mot « dévoiler » nous paraît plus adéquat. Effectivement, ce terme traduit l’idée de « laisser apparaître », ce qui nous fait penser que quelque chose est encore caché, car le voile n’a pas été totalement levé. Cette métaphore nous paraît donc plus appropriée.


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