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Dossier psy – comment se remettre d’une fausse couche ?

Fausse couche – Dossier psy rédigé par une spécialiste de la périnatalité pour comprendre les impacts psychologiques non négligeables d’une fausse couche.

1 grossesse sur 4 se termine par une fausse couche

Fausse couche : « Interruption spontanée de la gestation avant la 20e semaine, perte qui peut être douloureuse tant physiquement qu’émotionnellement ». Dans certaines définitions, le nombre de semaines de gestation ici défini par 20 peut varier entre 12 et 22. Raison probable pour laquelle les statistiques peuvent différer en fonction des sources. Néanmoins, un chiffre qui revient souvent, c’est que près de 25% des grossesses se terminent précocement.

Une fausse souche représente un deuil

25 % : un événement si fréquent en termes de statistiques qu’on aurait tendance à le banaliser. Mais attention … Il s’agit (ou peut s’agir) en fait bien d’un deuil. Le deuil d’un espoir, d’un enfant qu’on avait imaginé, et tout le cortège de la parentalité qui va avec. A l’instar du deuil, pour surmonter une fausse couche, il est donc probable d’expérimenter les étapes suivantes :

  • Le choc
  • Le déni
  • La colère et le marchandage
  • La tristesse et le chagrin
  • La résignation et l’acceptation
  • La reconstruction

La moitié des fausses couches entraîne un état dépressif

La perte d’un embryon, d’un fœtus, d’un enfant est – ou du moins pourrait être – un événement marquant voire traumatisant, avec un impact que l’on pourrait avoir tendance à sous-estimer. En effet, une étude française a estimé que 51% des femmes présentaient une dépression ou des symptômes y relatifs trois mois après la fausse couche.  Beaucoup de femmes évoquent par ailleurs des symptômes se rapportant à l’anxiété et/ou au stress post-traumatique.

Un impact sur les autres membres de la famille

En outre, il est important d’imaginer que les conséquences psychiques peuvent se faire ressentir chez Madame, mais également chez Monsieur ou chez le partenaire qui serait le second parent.

J’irais même plus loin, l’impact pourrait se faire sentir sur les (potentiels) autres enfants du couple – existants ou à venir. Par exemple : après avoir vécu une ou plusieurs fausses-couches et/ou avoir eu de la difficulté à avoir un enfant, un parent pourrait avoir tendance à surprotéger sa descendance. Ce ou ces enfants-là pourraient en réaction développer un trouble de l’attachement, ressentir peu de sécurité affective.

Il me paraît en somme important de ne pas négliger ni banaliser les fausses couches en termes de conséquences psychiques.

La culpabilité et la recherche de réponses

La problématique de la culpabilité est tout à fait fréquente : est-ce de ma faute si j’ai de la difficulté à concevoir ? Que s’est-il passé ? Ai-je fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? Est-ce un aliment que j’aurais mangé ? Est-ce ma génétique qui est mauvaise ? Est-ce que notre couple est incompatible ?

La recherche de réponses, de raisons acceptables fait souvent partie du processus psychique en lien avec la fausse-couche. On ne va d’ailleurs généralement pas pouvoir en trouver. A nous de nous construire notre propre histoire, notre propre explication. C’est une mise en sens que l’on parvient parfois à faire seule mais qui nécessite fréquemment l’aide d’un professionnel de la périnatalité – par exemple une sage-femme ou une psychologue.

La réactivation d’anciennes blessures

Parfois, la fausse-couche est d’autant plus douloureuse qu’elle vient faire écho à des blessures du passé. J’entends par là notamment tous les événements traumatiques ou irrésolus tels que les deuils, les pertes ou encore les angoisses de mort et d’abandon. On peut même encore aller plus loin :  certaines blessures qui peuvent se réactiver sont portées par le parent endeuillé mais ne lui appartiennent pas complètement. Il en serait en fait le dépositaire, comme un héritage qui lui viendrait de sa famille, de ses aïeux. C’est le genre d’histoire que l’on peut notamment rencontrer lorsqu’il y a des secrets de familles.

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Le regard des autres et leurs commentaires

Une question qui revient souvent est la suivante : vais-je parler de ma fausse-couche (au travail, à mes amis, à ma famille) ? Thématique difficile car il n’y a pas de bonne réponse. Cela appartient à chacun-e de gérer cette perte comme bon lui semble. Néanmoins, la FC fait malheureusement partie encore aujourd’hui de ces sujets tabous, dont on a encore parfois honte. Mais honte de quoi ?

Une blessure de la féminité

Honte car cela peut représenter une blessure de la féminité. Faire une fausse-couche ne signifie bien entendu pas que l’on est/sera pas une bonne mère. Néanmoins, beaucoup de femmes évoquent avoir été impactées dans leurs fonctions féminines et maternelles, et même dans les relations de couple ainsi que dans leur sexualité.

“Comment être une bonne mère si je ne suis même pas capable de garder un bébé dans mon ventre ? “

Il est vrai que pendant des siècles, la représentation du féminin était grandement liée à l’enfantement. Représentation qui subsiste encore aujourd’hui en partie dans l’inconscient collectif : la faute à cette société encore malheureusement trop peu égalitaire malgré un féminisme croissant.

Surmonter ce deuil

Se réconcilier avec son corps est une étape importante, malgré les angoisses que cela peut comporter en termes de défaillance de celui-ci : « Je vais refaire une autre fausse couche. Je n’arriverai jamais à avoir de bébé. J’ai un problème ! »

Alors comment faire pour surmonter ce deuil ? Si l’on sent que cela fait « trop mal », si cela prend « trop de temps », si les symptômes de peur, de tristesse, de chagrin et d’angoisse sont très intenses et/ou s’inscrivent dans la durée, il est primordial de consulter un professionnel spécialiste de la périnatalité. Cliquez ici pour prendre rendez-vous !

 


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